Impact économique du SIDA au Mali

Données générales

Le SIDA risque d’entraîner de graves conséquences économiques dans la plupart des pays africains. Il se distingue d’autres maladies car il frappe les gens dans leurs années les plus productives et il est mortel dans la quasi-totalité des cas. Les conséquences varient d’un pays à un autre en fonction de la gravité de l’épidémie du SIDA et de la structure des économies nationales. Le Mali se classe au quatrième rang des pays les plus pauvres au monde et il n’existe que peu de ressources pour faire face au fardeau supplémentaire que représente le VUH/SIDA.

Les deux grands effets économiques du SIDA sont la réduction de la main-d’œuvre et l’augmentation des coûts directs et indirects. La perte de jeunes adultes dans leurs années les plus productives affectera le rendement économique général. Les coûts directs augmenteront suite aux dépenses pour des soins médicaux, des médicaments et les dépenses pour les funérailles. Les coûts indirects vont eux aussi grimper : soins des orphelins, manque à gagner à cause de la maladie et frais liés au recrutement et à la formation de nouveaux employés remplaçant ceux tombés malades. Ces effets seront ressentis d’abord aux niveaux des individus et de la famille et ensuite s’étendront aux entreprises et commerces avant de gagner la macro-économie tout entière. Le présent document se penche sur chacun de ces niveaux à tour de rôle et présente des exemples du Mali.

Impact économique du SIDA sur l’agriculture

L’agriculture est le secteur le plus important de la plupart des économies africaines représentant une part importante de la production et la majorité des emplois. L’économie du Mali dépend fortement de l’agriculture qui a contribué à raison de 48,6% au PIB en 1995, y compris la foresterie et les pêcheries. Plus de 84% de la population était employée par ce secteur en 1995. Des études faites en Tanzanie et dans d’autres pays indiquent que le SIDA aura des répercussions négatives sur l’agriculture, notamment la perte de la main-d’œuvre et des envois de fonds.

Impacts sur d’autres secteurs économiques

Le SIDA aura des effets très prononcés sur d’autres secteurs clés. Il s’agit notamment de la santé, des transports, des activités minières, de l’éducation et de l’eau.

Transport : Le secteur des transports est particulièrement vulnérable au SIDA et très important en ce qui concerne la prévention de cette maladie. Vu que le Mali est un pays enclavé, tous les transports de produits se font par voie terrestre. Une étude récente parrainée par l’USAID suit les interactions sociales et sexuelles tout au long des transports terrestres afin d’identifier quels sont les groupes qui courent le risque de contracter le VIH/SIDA/MST. Les résultats indiquent que les interactions sont plus compliquées et nombreuses qu’on ne le pensait, augmentant donc le risque dans le cadre de telles interactions.

Santé. Le SIDA affectera le secteur de la santé pour deux raisons : 1) il accroîtra le nombre de personnes qui viennent consulter les services et 2) les soins de santé pour les patients du SIDA sont plus chers que pour toute autre condition.

Dépenses pour les patients du SIDA (FCFA) Examens Médicaments Nourriture Hôpital

Une étude faite en 1990 a examiné les dépenses encourues par les patients du SIDA pendant l’hospitalisation. Ce sont les examens qui sont la composante la plus chère suivie des frais d’hospitalisation. Les dépenses alimentaires concernent la nourriture apportée par la famille à l’hôpital et le coût de transport des repas. Si l’hospitalisation dure moins de 30 jours, le coût total est inférieur à 100 000 FCFA. Le coût se situe entre 100 000 et 150 000 FCFA si le patient reste à l’hôpital entre 31 et 60 jours alors qu’un séjour dépassant 60 jours coûte plus de 150 000 FCFA.

Secteurs des mines et de l’eau. Les secteurs des mines et de l’eau nécessitent des ingénieurs très qualifiés. Une grave épidémie du SIDA représente une menace sérieuse pour la production minière et comporte des risques pour les systèmes d’approvisionnement en eau, menaçant l’investissement fait. Les ingénieurs qui se trouvent loin de chez eux risquent de se rendre auprès de prostituées, reviennent infectés et transmettent la maladie à leur épouse ou communauté quand ils rentrent chez eux.

Education. Le SIDA affecte le secteur de l’éducation de 3 manières au moins : le nombre d’enseignants expérimentés diminuera à cause des maladies et décès liés au SIDA ; les enfants devront rester à la maison pour prendre soin des membres de la famille qui sont malades ou ils devront travailler dans les champs et les enfants risquent d’abandonner l’école si les familles ne peuvent plus payer les frais d’inscription car les revenus du ménage ont baissé à cause d’un décès dû au SIDA.